Partagez | 
nuits fauves •• velt

avatar
Messages : 12
Âge : vingt-deux ans
Type de Gastrea : /
Métier : serveuse
Habitation : zone sud
Fiche : « [...] terrible à force de discrétion, de lente abolition »
Civil



MessageSujet: nuits fauves •• velt   Lun 21 Juil - 22:43

« baby we both know that the nights were mainly made
for saying things that you can't say tomorrow day »

Un frisson gravissait tes vertèbres, alors que ta respiration se faisait de plus en plus saccadée. Le bruit incessant de tes talons claquant contre le sol résonnait dans le silence de la nuit. Rue vide, nuit noire. Qu'importe. Tes pas se faisaient de plus en plus empressés, tandis que tu fonçais droit vers une source de lumière aveuglante ; voix et rires retentirent soudainement dans tes oreilles, ainsi qu'un écho renvoyant les travers de l'electro. Agitation, excitation. Quelque chose bouillait à l'intérieur de toi. La chaleur s'emparait de ton corps, petit à petit. Tu reprenais ton souffle, t'appuyant au lampadaire se dressant devant l'édifice de la débauche, à la fois casino et boîte de nuit, le Midnight.

Une légère brise vint chatouiller ton cou nu, tes cheveux ayant été relevés en un chignon. Un collier or venait se plonger dans ton décolleté, tandis que ta robe couleur sang laissait paraître ta cuisse gauche. Ce soir, tu avais fait tous les efforts possibles pour être présentable, désirable. Parce que ce soir n'était pas n'importe quel soir. L'Homme, vile créature au sourire carnassier, avait accepté de pénétrer avec toi en ces sublimes lieux ne laissant place qu'au dévergondage et à l'excès. Invitation surprenante de ta part, lorsqu'on savait que tu étais plutôt du genre à passer tes soirées seules, chose qui te convenait parfaitement. Parce que même si tu étais là, on ne te voyait pas. On dansait, buvait, riait autour de toi, et on ne te voyait pas.

Mais ce soir, tu étais bien présente, sur cette place où l'agitation se faisait omniprésente. Ce soir, ce n'était pas pareil. Car il ne s'agissait plus de la simple promenade qu'il t'offrait après ton travail, où il se contentait de te raccompagner chez toi en toute sécurité, ce seul instant trop court où tu pouvais profiter de sa présence ; c'était autre chose, un instant des plus importants. Cette invitation était un pas de plus vers quelque chose qui t'était encore inconnu ; une sensation nouvelle, un sentiment différent. Quelque chose que tu n'avais jamais connu auparavant, et qui te faisait te sentir à part. Mais tu avais peur, peur d'être dupée ; parce que tu n'étais pas comme ces catins qu'on cajolait et qu'on jetait. Alors que faire : lui faire confiance, ne plus le revoir ? Angoissante hésitation.

Finalement, tu n'avais pas le temps d'y penser. Alors que tu scrutais la place, guettant son arrivée, tes yeux se posèrent enfin sur la silhouette tant espérée. Il était là, l'Homme, créature aux mille vices. Il était détestable et solitaire, mais il était là et il s'avançait vers toi. Stress soudain. Que faire ? Rester là, avancer vers lui ? Tu souriais. Tu souriais comme une conne. Ce sourire fut vite camouflé : tu te tournais dos à lui afin de reprendre ton expression habituelle, à savoir ton air indifférent, effacé. La soirée allait enfin commencer, le jeu également.


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar
Messages : 15
Âge : vingt-quatre ans
Type de Gastrea : coyote
Métier : host
Habitation : zone résidentielle sud
Fiche : several bullets movin' in staccato
Enfant maudit



MessageSujet: Re: nuits fauves •• velt   Lun 28 Juil - 23:10

Les lanternes de la cité forteresse embrasent l’obscurité de leur gracieuse lueur, frêle et dansante, tandis que les cœurs s’extasient d’une atmosphère de déchéance. Ainsi, se vautrant dans le stupre, les âmes ne sont plus que l’ombre, immonde, de créatures ivres de perversion. Le vice submerge l’esprit malsain de l’Homme, forgeant – dédaigneux – sa carapace bienfaitrice et envoutante, plongeant aussitôt dans le fleuve de l’oubli, l’espace de quelques instants, les stigmates du passé. Des cicatrices, qui pourtant, jamais ne s’effaceront des mémoires. Nuit noire aux couleurs somptueuses et luxueuses, presque charmeuses ; paradoxe sibyllin, aux antipodes de l’aube insatiable. Avide charogne.

Céleste, une brise nocturne fait valser ta chevelure d’ébène, indomptable, ses reflets pétrole dévorant alors les traits de ton visage – fraîchement mutilé –, ne laissant entrevoir qu’un regard infiniment austère, juge incorruptible d’une justice inexistante. Ainsi, face à la bâtisse aux éternels délices, colossale et sublime, tes prunelles ambrées contemplent sa superbe, acerbes. Sa démesure n’avait d’égale que la luxure de sa noble architecture. Élégante et sobre, au diapason de ce costard – certainement trop bien ajusté – dont tu étais vêtu. Au-delà des méandres, les songes s’évadent enfin, dévoilant sa présence. Majken, et sa perpétuelle mélancolie.

Elle t’esquisse un sourire au loin, détournant l’attention, puis virevolte, honteuse ; et tu ne peux t’empêcher de trouver ce geste maladroit. Un spectacle fade et lancinant, ternit par le virus. Un corps se faisant hôte du coyote, humble opportuniste de son état. La satire, maligne, bouscule tes sens et tandis que la distance faiblit, tes mains se posent alors sur ses épaules dénudées, à la fois douces et fragiles. Son parfum, délectable et enivrant, vient à tromper l’odorat de la bête, désemparée.

‹ Ne m'ignorez pas. › un sourire indicible se dessine sur tes lèvres.

Au-delà d’un éclat espiègle subsiste un sentiment de captivité. Prisonnier du mensonge, prisonnier d’une nature dite alors monstrueuse, terrifiante, martyr de la véhémence et de la stupidité humaine. Rien n’est cependant plus risible que le futur qui leur est destiné. Alors, vil usurpateur, tu te dérobes habilement sous ce masque d’humanité, solitaire et patient. À espérer finalement l’instant où le chasseur deviendra assurément la proie d’un prédateur bien plus redoutable encore. Dès lors, la demoiselle t’aura certainement déjà rejeté, victime d’un écœurant et intarissable dégout.

Affûtées, tes iris parcourent la foule, puis s’égarent ; soudain les mots chavirent, s’estompent et te laissent sans voix.
Tu n’es qu’un animal, Velt.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar
Messages : 12
Âge : vingt-deux ans
Type de Gastrea : /
Métier : serveuse
Habitation : zone sud
Fiche : « [...] terrible à force de discrétion, de lente abolition »
Civil



MessageSujet: Re: nuits fauves •• velt   Sam 2 Aoû - 15:02

« great escape lost track of time and space
 [he]'s a silver lining climbing on my desire » 
Crispation soudaine. Chaleur instantanée, contact tant espéré. Ses mains doucement posées sur tes épaules dénudées, sa voix, envoûtante ; agréable sensation. Tu profitais de la chaleur de ce contact anodin quelques instants puis te retournais enfin pour faire face à sa silhouette te dominant de toute sa hauteur. Finalement, il était là. L'Homme dans toute sa splendeur, vêtu avec une certaine élégance, allait t'accompagner le temps d'une nuit et s'aventurait vers l'inconnu à tes côtés. Tu détaillais chaque parcelle de son visage ; ses iris aux teintes anormalement ambrées, sa bouche se tordant en un ineffable sourire, et surtout ce vulgaire stigmate, souvenir d'une honteuse altercation à laquelle tu avais dû assister. Évidemment, il l'ignorait encore.

Il te cachait cette façade cynique, celle là même qui énervait, titillait si facilement que c'en était risible ; et finalement, il n'avait gagné que la misérable marque de ce poing, symbolisant tous les mots et toutes les abominations d'un client mécontent. Il ne t'était jamais venu à l'idée d'évoquer ce sujet ; peut-être redoutais-tu cette part de lui-même, à tenir ta langue ainsi, ou simplement avais-tu peur de sa réaction. Stupide inquiétude. Au final, tout ce que tu voulais, c'était lui, ses paroles, sa présence, quand bien même il n'était pas ce que tu croyais. Tu te fichais du pourquoi de cette marque sur son visage, tant qu'il était là. Mais ça, tu le gardais précieusement pour toi.

Tu t'efforçais de te dissimuler derrière ton masque d'indifférence en sa présence ; efforts complètement vains. Malgré ce rictus ô combien caractéristique de la créature qu'il était, tu ne pouvais te résoudre à l'ignorer plus longtemps. Imperceptible sourire. 
« Ai-je vraiment le choix ? » lâchais-tu alors que ton regard abandonnait la trace sur sa peau pour se perdre dans la foule. Tu évitais ses yeux, inconsciemment. Était-ce le stress ou l'exaltation, tu ne savais pas vraiment.
Ce n'était pas le bon moment pour hésiter. Après tout, c'était bien toi qui l'avait fait venir jusqu'ici. Car ça aurait pu continuer, encore et encore, ces rendez-vous quotidiens ; ces courts instants où vous échangiez quelques paroles avant de rentrer chez vous, sans réelle conviction de passer à autre chose. Tu ne savais pas vraiment pourquoi, mais c'était devenu ainsi. Au fond de toi, ce n'était pas vraiment clair ; mais cette énième rencontre pourrait bien changer des choses.

Tu te ressaisissais rapidement puis te tournais de nouveau vers le bâtiment, alors que ton regard se braquait sur l'Homme à présent derrière toi. Aucun signe avant coureur d'une frénésie particulière ne se faisait sentir, simplement un regard désormais animé par des souhaits et désirs encore inconnus ; sentiment nouveau.
« Qu'attendons-nous ? » Un indiscernable sourire se dessinait sur tes lèvres. « J'espère que tu aimes jouer, Velt. » des mots lancés ainsi avec tous les sous-entendus possibles, sans enthousiasme, ce dernier se logeant dans ton regard océan. Ta silhouette gracile se dirigeait ensuite vers l'entrée ; rires gras et entrechoquements de verres, envie et débauche se faufilaient déjà jusqu'à toi, tandis qu'un homme posté là t'ouvrait les portes du bâtiment de l'excès. Tu posais alors un pied dans l'antre, tandis que les mille lumières qui éclairaient la salle illuminaient déjà ton regard.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: nuits fauves •• velt   
Revenir en haut Aller en bas
 

nuits fauves •• velt

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Les Nuits Fauves
» Mille et une nuits aux comores
» Les Etranges Nuits de Tim Burton au Champo
» Les Nuits de Musset
» Nuits Sonores 2010 | 12-16.05.10 | Lyon

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Empyrean Nord :: La Midnight Plaza :: Le Midnight-
Ruina Imperii by Yonaka Tsurugi on Grooveshark